Alopécie de traction : comment la prévenir et la traiter ?

Vous adorez les tresses, les chignons hauts ou les dreadlocks mais avez-vous remarqué des cheveux qui se cassent, une ligne frontale qui recule ou des démangeaisons persistantes ?

L’alopécie de traction est une perte de cheveux provoquée par une tension mécanique répétée sur les follicules. Elle affecte particulièrement les personnes aux cheveux crépus, frisés ou bouclés mais aussi celles qui portent régulièrement des accessoires serrés. Si elle est détectée tôt, la repousse est possible.

Découvrez comment identifier les signaux d’alerte, adapter vos coiffures et protéger vos cheveux sans sacrifier votre style avec des conseils simples et concrets.

 

  1. L'alopécie de traction, c'est quoi exactement ?
  2. Quelles sont les coiffures et habitudes à l'origine de l'alopécie de traction ?
  3. Comment reconnaître les premiers signes d'alerte ?
  4. Le calendrier de la récupération
  5. Comment prévenir l'alopécie de traction : nos conseils pratiques
  6. Que faire si vous êtes déjà concerné(e) par l'alopécie de traction ?


L'alopécie de traction, c'est quoi exactement ?

L'alopécie de traction est une perte de cheveux d'origine mécanique. Contrairement à d'autres formes de chute capillaire, elle n'est pas liée à des facteurs génétiques ou hormonaux. Elle résulte d'une tension excessive et prolongée sur les follicules pileux.

La traction constante affaiblit la racine du cheveu, enflamme le follicule et peut à terme l'empêcher de produire un nouveau cheveu. Elle affecte particulièrement les personnes qui portent régulièrement des coiffures serrées. Cette forme d'alopécie est souvent réversible si elle est identifiée et prise en charge à temps.

 

Quelles sont les coiffures et habitudes à l'origine de l'alopécie de traction ?

 

Les coiffures serrées ou lourdes exercent une pression sur les follicules pileux surtout si elles sont portées régulièrement. Même des styles comme les tresses ou les dreadlocks peuvent nuire à long terme.

 

Ces styles concentrent la traction sur des zones précises du cuir chevelu :

  • Tresses et nattes collées : Trop fines ou serrées, elles irritent le cuir chevelu et provoquent un amincissement notamment autour de la ligne frontale.
  • Queues de cheval et chignons : Portés quotidiennement trop hauts et serrés, ils causent un éclaircissement localisé souvent sur les tempes.
  • Extensions et tissages : Leur poids tire les cheveux naturels.
  • Dreadlocks : Leur masse, en longueur, exerce une traction constante sur les racines accélérant la chute.
  • Rouleaux : Dormir avec maintient la tension plusieurs heures fragilisant le cuir chevelu. Les rouleaux serrés favorisent des zones irrégulières de perte de cheveux.

 

Certaines habitudes ou objets du quotidien aggravent le risque :

  • Casques ou bonnets serrés : Les frottements répétés usent les zones de contact et provoquent des chutes localisées.
  • Accessoires de coiffure : Les élastiques en caoutchouc ou les barrettes métalliques arrachent les cheveux si ils sont retirés brutalement.
  • Cheveux très longs : Leur masse seule peut endommager les follicules surtout en chignon haut et lourd.
  • Chaleur et produits chimiques : Les fers à lisser ou colorations rendent le cheveu plus fragile amplifiant l'effet de la traction.


Comment reconnaître les premiers signes d'alerte ?

L’alopécie de traction se manifeste souvent de manière subtile. Ses premiers signes ne trompent jamais. Comprendre ces alertes précoces est essentiel pour éviter des dégâts irréversibles.

Voici les signes à surveiller :

  • Boutons sur le cuir chevelu : Petites bosses ressemblant à de l’acné souvent douloureuses au toucher. Elles traduisent une inflammation des follicules pileux sous pression.
  • Douleur discrète : Une sensation de soulagement intense en défaisant vos tresses ou votre chignon. Ce soulagement est un indicateur clé de tension excessive.
  • Démangeaisons sournoises : Picotements ou brûlures persistants surtout aux tempes et au front. Ces désagréments apparaissent sans grattage comme un signal d’alerte interne.
  • Rougeurs suspectes : Inflammations localisées parfois accompagnées de squames ou de croûtes légères. Ces rougeurs traduisent une réaction inflammatoire chronique des follicules.
  • Maux de tête étranges : Ce "mal de la queue de cheval" qui disparaît en quelques minutes après avoir relâché la traction. Une étude a révélé que 40 % des danseuses professionnelles développent ce symptôme spécifique.

 

Voici les manifestations concrètes à surveiller :

  • Zones fragilisées : La ligne frontale et les tempes se dégarnissent en priorité créant un effet de récession progressive. Ce phénomène s’accentue en ramenant les cheveux en arrière.
  • Cheveux cassés : Poils courts et mous restant dans les zones touchées formant un masque trompeur. Ces épis résistants cachent une perte plus importante.
  • Le "signe de la frange" : Une ligne de cheveux plus courts persiste le long de la racine trahissant une repousse impossible. Ce phénomène est si spécifique qu’un dermatoscope le détecte en consultation.
  • Cuir chevelu transformé : Zones lisses et brillantes remplaçant les cheveux, indice de follicules cicatrisés. Cette brillance anormale trahit la perte de vascularisation.

 

Le calendrier de la récupération

Réversible ou permanente : tout est une question de timing

L’alopécie de traction se divise en deux stades bien distincts.

En phase précoce, le follicule est irrité mais intact. Arrêter les coiffures serrées permet une réparation progressive. Le cuir chevelu retrouve son équilibre. En revanche, si la traction persiste sur le long terme, le follicule se transforme en tissu cicatriciel. La perte devient irréversible dans cette zone. 

Pour les cas réversibles, voici les étapes typiques de récupération après l’arrêt des tensions. Ce calendrier s’applique uniquement si les follicules sont encore actifs. Une hygiène douce et l’éviction des traumatismes sont essentielles pour maximiser les chances.

 

Chronologie de la récupération après l'arrêt de la traction

Période Ce que vous pouvez observer
1 à 3 mois
  • Diminution des rougeurs et sensations de tiraillement
  • Le cuir chevelu retrouve un état apaisé
  • Aucun cheveu visible ne repousse encore
  • Application d’aloe vera ou d’huiles légères apaise l’inflammation
3 à 6 mois
  • Apparition d’un fin duvet dans les zones clairsemées
  • Les cheveux existants gagnent en vitalité
  • Début d’un renouvellement cellulaire actif
6 à 12 mois et plus
  • Épaississement progressif des nouvelles pousses
  • Amélioration visible de la densité capillaire
  • Temps nécessaire pour une récupération optimale
  • Une alimentation riche en biotine et zinc soutient le processus

 

Un accompagnement personnalisé avec un dermatologue ou un trichologue reste toujours recommandé pour surveiller l’évolution. La patience et la régularité dans les soins sont vos meilleures alliées pour redonner vie à vos cheveux.

 

Comment prévenir l'alopécie de traction : nos conseils pratiques

Alternez les jours de cheveux détachés pour réduire la pression sur le cuir chevelu. Cette pratique évite de stresser les mêmes zones jour après jour. Les tresses très fines ou les chignons hauts exercent une tension excessive sur les follicules. Optez pour des tresses épaisses et des queues de cheval basses en dessous des oreilles. Si vous utilisez des extensions, prévoyez des pauses régulières pour laisser vos cheveux se reposer. 

Remplacez les élastiques en caoutchouc par des scrunchies en satin ou des accessoires souples. Évitez les tissages ou perruques trop lourds et prévoyez des repos pour prévenir la surcharge. Un bonnet en satin la nuit protège vos mèches des frottements.

 

Que faire si vous êtes déjà concerné(e) par l'alopécie de traction ?

Un diagnostic réalisé par un spécialiste peut vous aider à y voir plus clair. Si vous êtes dans une zone où l'accès à un dermatologue est difficile alors consulter un trichologue. Vous pouvez avoir un rendez-vous plus rapidement et en ligne.

  • Le dermatologue utilise un dermatoscope pour observer les follicules ou en cas de doute, une biopsie ciblée pour analyser le cuir chevelu au microscope. Ce geste distingue l’alopécie de traction d’autres causes comme la pelade. 
  • Si aucun dermatologue n'est disponible, vous pouvez vous tourner vers un trichologue. Cet expert du cuir chevelu est un premier guide vers la santé de votre cuir chevelu. Il peut vous aider à inclure les premiers gestes dans votre routine et si besoin, il travaille souvent avec un dermatologue.

Comprendre les causes de l'alopécie vous aide à poser les bonnes questions lors de la consultation.

 

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